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Lombalgie : chiffres, épidémiologie et impact global

La lombalgie est aujourd’hui l’un des problèmes de santé les plus fréquents et les plus coûteux dans le monde. En France comme à l’international, ses conséquences cliniques, professionnelles et économiques en font un enjeu majeur de santé publique. Les données officielles permettent d’en dresser un panorama précis.


Prévalence : une affection extrêmement fréquente


En France : plus d’une personne sur deux concernée chaque année


Les enquêtes nationales montrent que la lombalgie touche massivement la population française :

  • 54 % des hommes et 57,2 % des femmes déclarent au moins un épisode lombalgique dans l’année.

  • Au cours de la vie, 4 personnes sur 5 souffriront d’une lombalgie.

La lombalgie prolongée (> 30 jours/an) concerne :

  • 15,4 % des hommes,

  • 18,9 % des femmes.

Environ 7 à 8 % des adultes de 30 à 64 ans présentent une lombalgie limitante au quotidien. 1 Prévalence, coûts et enjeux sociétaux de la lombalgie Fassier 2011


Une évolution spontanément favorable dans la majorité des cas


L’épisode aigu évolue le plus souvent vers la guérison :

  • 90 % des lombalgies disparaissent en 4 à 6 semaines sans séquelles.

  • Seule une minorité évolue vers la chronicité : 3 % subaiguës, 7 % chroniques (> 3 mois).


Épidémiologie mondiale : une véritable épidémie silencieuse


619 millions de personnes touchées dans le monde


Selon The Lancet Rheumatology (2023), la lombalgie représente la première cause de handicap mondial.

  • 619 millions de personnes en souffraient en 2020,

  • ce chiffre atteindra 843 millions en 2050 si la tendance actuelle se poursuit. 2 ( The global epidemic of low back pain The Lancet Rheumatology 2023)

Les hausses les plus importantes concerneront l’Asie et l’Afrique, où les systèmes de santé

sont souvent sous-dimensionnés.


 L'effet aggravant de la pandémie de COVID19


Une méta-analyse de 163 études montre que prévalence et intensité de la lombalgie ont augmenté pendant le COVID-19, en raison :

  • de la sédentarité,

  • du télétravail mal ergonomique,

  • de l’accès réduit aux soins.


Impact professionnel : absentéisme, arrêts prolongés et invalidité


 En France : un poids majeur sur le travail


D’après l’Assurance Maladie :

  • 30 % des arrêts > 6 mois sont liés à une lombalgie,

  • la lombalgie est la 3ᵉ cause d’admission en invalidité,

  • 167 000 accidents du travail sont dus à une lombalgie (≈ 20 % des AT).

Entre 2005 et 2015, la part des lombalgies dans les accidents du travail est passée de 13 % à 19 %.


 À l’international : un impact économique massif


  • Royaume-Uni : près de £5 milliards par an consacrés aux consultations liées au mal de dos.

  • États-Unis : 134 milliards de dollars dépensés pour le mal de dos et du cou en 2016 — l’un des postes les plus coûteux du système de santé.

  • Brésil : 100 jours d’arrêt par personne et par an (2012–2016), avec 80 % des coûts liés à la perte de productivité.


Coûts et utilisation du système de santé


En France : une consommation importante de soins


Selon la Revue du Rhumatisme (2011), la lombalgie représente chaque année :

  • 6 millions de consultations,

  • 1/3 des actes de kinésithérapie,

  • 5 à 10 % des actes de radiologie,

  • 2,5 % des prescriptions médicamenteuses.

Le coût direct annuel est estimé à 1,4 milliard d’euros, avec des coûts indirects 5 à 10 fois plus élevés.


 Coûts par patient


  • Lombalgie aiguë : 150 € en moyenne.

  • Lombalgie chronique : 1 430 € de coûts directs annuels. 1


Interaction douleur – santé mentale : un cercle vicieux majeur


Un lien bidirectionnel démontré


The Lancet rappelle que la lombalgie chronique :

  • augmente la prévalence de la dépression,

  • et que la dépression aggrave la douleur, l’incapacité et ralentit la récupération.


Cette dimension biopsychosociale est centrale dans la compréhension et la prise en charge des lombalgies persistantes.


Conclusion


La lombalgie n’est pas un simple “mal de dos”. Elle constitue :

  • un phénomène massif touchant plus de la moitié des adultes chaque année,

  • une première cause mondiale de handicap,

  • un fardeau économique majeur,

  • et un enjeu clinique multidimensionnel, fortement influencé par les facteurs psychosociaux.

Comprendre son épidémiologie, c’est mieux orienter les patients, éviter les chronicisations, et aligner la prise en charge sur les meilleures données scientifiques disponibles.

 
 
 

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